07.04.2008
Lost art of murder
Alors que j’avais prévu de vous parler de la réaction de mes collègues de bureau devant ma paire de spartiates plateaux + chaussures en lurex argent, les conditions météorologiques m’obligent à changer de sujet.*
Vis ma vie avec un désigné : les vernissages.
Ben oui, y’a pas que des inconvénients à vivre avec un désigné, on peut aussi aller à des vernissages ou des soirées de trucs hyper contemporains dans lesquels le fluokid est déjà démodé et les wayfarer de vue aussi.
Déjà quand t’arrives à un vernissage ou une soirée de trucs hyper contemporains la première chose à faire c’est de repérer celui qui expose. Sinon tu peux gaffer. Et crois moi, ca craint un max de gaffer dans ces soirées.
Ensuite, repérage de buffet (avec champagne ben oui on n’est pas chez les bilouzes). Par contre ne rêve pas, il est déjà assailli par une horde de graphistes, désignés, égéries** et puis avant d’y arriver tu vas devoir t’arrêter tous les trois pas pour faire la potiche à côté de ton désigné qui croise tous ses potes.
Quand je dis potiche, je suis cruelle, d’abord mon désigné me présente en disant « MH, ma pacsée, fiancée ou femme » (les deux derniers je chouine un peu, vu que j’attends mon solitaire et ma journée en robe de princesse). Comme ils sont polis, la conversation s’engage : « tu as vu cette réinterprétation magistrale du courant post moderne inspirée directement du landart ». Là un autre conseil : tais-toi (sauf si tu connais le courant post moderne en question), parce que quoique que tu dises tu auras l’air d’une profane et le profanisme*** ca craint. Une fois, j’ai même posé la question interdite à un vidéastre « ok c’est super de montrer un mec qui descend une route de montagne en tenant un écran de contrôle de cinéma qui projette un film allemand tiré de Kafka pendant 15 minutes mais ca sert à quoi ? » (l’organisateur a rallumé les lumières et ouvert le bar – je n’ai pas eu ma réponse).
A un moment forcément on me demande « et toi tu fais quoi dans la vie ? ». Et là c’est le drame, parce quand je prononce marketing, 90%**** des créas se referment comme des huitres, parce que le marketing ca craint aussi. Pour eux le marketing c’est tout un tas de gens qui viennent leur expliquer comment faire leur travail, ce que veut la ménagère de moins de 50 ans et les autres et que non le déstructuré c’est peut être la tendance mais la cuisine déstructurée non. Bref, le marketing c’est le diable. (Et là encore ca va, quand c’est des Artistes alors là c’est 99% de décrochage).
Donc là vraiment je deviens une potiche, souriante mais potiche quand même. Heureusement on arrive au bar, où je retrouve les autres conjoints de désignés qui ne sont pas désignés et le champagne. Surtout le champagne.
Finalement c'est sympa les vernissages, sauf que des fois, je me souviens pas de la fin. (rapport au champagne).
* forcément là j’ai des bottes avec un collant, les réactions n’ont donc rien à voir. Vu qu’en y a pas.
** modasses quoi
*** néologisme
**** les 10% restants : c’est soit déjà des potes que tu connais alors ils ont l’habitude et ils ont su voir la femme derrière la marketeuse sinon des mecs ou des filles qui veulent te chauffer)
15:50 Publié dans mes amours | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : vernissage, designer, soirée, champagne